L’armée malienne a été créé le 1 octobre 1960 après l’accession à l’indépendance de la République du Mali.
Le commandant en chef des armées est le Président de la République, assisté du ministre de la Défense et du chef d’état-major. L’administration centrale du ministère de la Défense se compose de :
• L’État-major général des Armées (EMGA)
• L’État-major de l’Armée de Terre (EMAT)
• L’État-major de l’Armée de l’Air (EMAA)
• L’État-major de la Garde Nationale du Mali (GNM)
• La Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN)
La Police Nationale est placée sous l’autorité du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Elle est en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité publique et s’assure de l’exécution des lois et règlements.
A l’accession du Mali à l’indépendance, les fonctionnaires de la Police nationale relevaient du statut général des fonctionnaires. En 1968, le corps de la Police est devenu semi-militaire avant d’être intégré au sein de la direction générale des services de sécurité.
C’est en 1993 que le statut général des fonctionnaires de police a été élaboré et a consacré la démilitarisation de la police, avec la création de syndicats en son sein. En 2002, le Statut général des fonctionnaires de Police s’est davantage ancré d’un point de vue institutionnel. L’actuelle dénomination du service central « La direction générale de la police nationale » a été créée par une ordonnance de septembre 2004 et ratifiée par la loi de 2005, avec la mission d’élaborer et d’assurer la mise en œuvre des éléments de la politique nationale dans le domaine du maintien de l’ordre et de la sécurité publics et de prêter son concours à l’exécution des lois et des règlements
La Police Nationale est une des composantes principales des forces de sécurité. Elle est chargée de :
• Assurer la protection des personnes et des biens.
• Maintenir l’ordre, la sûreté, la sécurité et la tranquillité publics.
• Veiller au respect des lois et règlements par l’exécution des missions de Police Administrative et de Police Judiciaire.
• Assurer le contrôle de la réglementation sur les armes et les munitions.
• Contrôler les activités des services privés de sécurité.
• Contrôler les établissements classés de jeu.
• Assurer la Police de l’Air et des frontières.
• Participer à la protection des Institutions de l’État et des Hautes Personnalités.
• Participer à la mission d’Information du Gouvernement.
• Participer aux actions de maintien de la paix et d’assistance humanitaire.
• Participer à la protection et à la défense civile.
Le jeudi 20 octobre 2022, le Conseil national de transition (CNT) a approuvé la militarisation de la police et de la protection civile.
Le Statut général des fonctionnaires de la Police adopté en 2002 répartit les policiers en trois corps :
• Le corps des Commissaires de Police : ce corps comprend les grades d’Inspecteur Général de Police, de Contrôleur Général de Police, de Commissaire Divisionnaire de Police, de Commissaire Principal de Police et de Commissaire de Police.
• Ensuite, le corps des Inspecteurs de Police, qui comprend les grades d’Inspecteur de Police de Classe Exceptionnelle, d’Inspecteur Divisionnaire de Police, d’Inspecteur Principal de Police et d’Inspecteur de Police.
• Enfin, le corps des Sous-officiers de Police, composé des grades suivants: Major de Police, Adjudant-chef de Police, Adjudant de Police, Sergent-chef de Police et Sergent de Police.
La classification des emplois du plan de carrière de la Police Nationale est déterminée par le décret 0976 de 2021.
Après l’adoption de la loi susmentionnée, la police a été militarisée le 27 octobre 2022. Ainsi, la Police Nationale relève désormais du statut général des militaires. Cela implique que la police ne peut pas s’organiser en syndicat, et ne peut plus en conséquence organiser des grèves. Son déploiement et son engagement relèvent du Chef d’état-major des Armées. La Police Nationale reste rattachée au ministère de la Sécurité et de la Protection civile pour emploi sous l’ordre et l’autorisation du CEMGA.
A la suite de l’Accord conclu en 1992 entre le gouvernement malien et les groupes armés rebelles Touaregs, des combattants issus de ceux-ci ont été intégrés dans l’armée régulière.
Un autre processus d’intégration a été de nouveau lancé à la suite de la signature de l’Accord pour la Paix et la réconciliation issu du processus d’Alger de 2015 dans le cadre d’un nouveau processus DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration). Cet Accord prévoit notamment en son article 18 un processus de cantonnement des ex-combattants, les combattants étant appelés à être soit intégrés au sein des corps constitués de l’État (y compris les forces de défense et de sécurité), soit dans la vie civile.
L’article 20 de l’Accord prévoit que le dit Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) s’assure du redéploiement des forces armées de sécurité et de défense reconstituées. Près de 300 membres de chaque groupe signataire de l’Accord devaient initialement bénéficier de cette réintégration.
Un communique du gouvernement en date du 5 août 2022 a fait valoir de nouvelles dispositions :
• L’intégration de 26. 000 ex-combattants en deux tranches sur la période 2023-2024.
• La création et l’opérationnalisation d’une commission ad hoc chargée de conduire les travaux et de formuler des propositions pour la gestion au cas par cas des hauts cadres civils et militaires des mouvements signataires.
• L’engagement du gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour diligenter les réformes politiques et institutionnelles non liées à la réforme constitutionnelle.
Suite à l’annonce du non-renouvellement du mandat de la MINUSMA, les hostilités ont repris le 11 août 2023 entre l’armée malienne régulière et la Coordination des mouvements de l’AZAWAD (CMA) indiquant agir au nom du CSP-PSD (Cadre Stratégique Permanent pour la Paix, la Sécurité et le Développement), interrogeant sur l’avenir de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation de 2015.
L’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger de 2015 a prévu que les unités armées des mouvements signataires intègrent l’armée nationale dans le cadre du processus DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration) afin de constituer une « armée reconstituée ».
Plusieurs forces étrangères ont opéré au Mali depuis le 9 janvier 2013, date du début de l’intervention française au Mali dans le cadre de l’Opération Serval, à laquelle ont succédé l’Opération Barkhane en 2014 puis l’Opération européenne Takuba qui lui a été affiliée. Les forces françaises et européennes ont cependant dû quitter le Mali, le départ du dernier soldat français ayant eu lieu le 15 août 2022 tandis que tous les accords fondant leur présence sur le territoire malien ont été dénoncés par les autorités du pays.
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) , créée par la résolution 2100 du Conseil de sécurité, du 25 avril 2013, a eu pour tâches prioritaires au fil des ans : la sécurisation, la stabilisation, la protection des civils, l’appui au dialogue politique national et à la réconciliation nationale, l’appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix de 2025, l’appui au rétablissement de l’autorité de l’État sur tout le territoire, la reconstruction du secteur de la sécurité malien, la promotion et la protection des droits de l’homme, l’aide humanitaire.
À la suite d’une lettre du gouvernement de transition malien adressée au Président du Conseil de sécurité demandant le retrait sans délai de la MINUSMA, le Conseil de sécurité a décidé de mettre fin au mandat de la MINUSMA par la résolution 2690 prenant effet le 30 Juin 2023 et fixant la date d’achèvement du processus de retrait de la mission au 31 Décembre 2023.