Comment l’État islamique en Somalie (EIS) finance-t-il ses activités, entre ressources internes et soutiens régionaux ?
Confronté en 2018 à une crise de ressources financières liée à l’inefficacité de sa stratégie de prise de centres de ravitaillement comme les ports, l’EIS diversifie ses sources de revenus :
- Financement interne : extorsion et taxation illégale d’entreprises, notamment de télécommunications (Amtel, Golis Telecom), imposées par la violence — plusieurs agents et dirigeants assassinés entre 2018 et 2022 — et rapportant 72 000 USD par mois en 2018 ; contrebande depuis le Puntland (armes, êtres humains, piraterie, exportation d’or de la région de Bari).
- Hub financier régional : via son bureau Al-Karrar, l’EIS coordonne la stratégie des provinces d’Afrique centrale et de l’Est de l’État islamique (ISCAP/ISIM) et transfère des fonds vers des groupes alliés en Afghanistan, au Mozambique et en RD Congo, recourant au système du hawala pour la discrétion des transferts transnationaux ; en 2023, sur 100 000 USD de revenus mensuels, 25 000 USD étaient envoyés à l’État islamique au Khorassan par cryptomonnaies.
- Réseaux transnationaux :liens avec le Yémen dès 2016, renforcés depuis 2021 avec les Houthis (transfert de compétences en matière de drones) ; connexions avec l’Iran via la Quds Force ; relations évoquées par l’ONU dès 2017 avec des groupes libyens. Les revenus du groupe seraient passés de 100 000 USD par mois en 2023 à 360 000 USD par mois en 2024.
Cette infographie dévoile les mécanismes de financement interne, le rôle de hub régional et les réseaux transnationaux qui alimentent l’État islamique en Somalie.

