Autorités traditionnelles, appartenances communautaires et solidarités sociales (Traditional authorities, community memberships and social solidarities / exclusions);

Ce pôle d’expertise met en relief le rôle central joué par les systèmes d’autorité coutumiers et traditionnels qui cohabitent avec le système étatique, ainsi que l’importance que revêtent aujourd’hui certaines appartenances communautaires et certains principes de solidarité ou à l’inverse d’exclusion sociale.

Les cartographies institutionnelles d’ores et déjà réalisées portent sur :

  1. Le Moog-Naaba et la royauté des Mossi au Burkina Faso  
  2. Les Communautés Peules du Mali
  3. Les Chefs de quartiers, de villages et les Chefferies traditionnelles en RCA
  4. Security Governance Leaders in Somaliland
  5. La Charte du Kurukan Fuga dans le contexte malien
  6. La Chambre des Rois et des Chefs Traditionnels de Côte d’Ivoire
  7. Les Malinké en Côte d’Ivoire
  8. Orpaillage et pouvoirs coutumiers en Côte d’Ivoire

Les cartographies institutionnelles invitent notamment à :

  • réfléchir à la contribution que les autorités traditionnelles et coutumières, telles le Moog-Naaba (roi des Mossi) au Burkina Faso ou encore la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels (CNRCT) de Côte d’Ivoire peuvent apporter non seulement aux processus de médiation (en cas de soubresauts violents dans ces pays, certes en situation de sortie de crise mais où la situation politique et sécuritaire demeure néanmoins fragile) mais aussi au dispositif de prévention des conflits et d’alerte précoce : en effet, ces acteurs détiennent fréquemment une connaissance particulièrement fine des normes signifiantes aux yeux des différentes communautés tout comme des espaces géographiques (maillage du territoire, topographie, voies d’échange et de communication ancestrales) et des espaces humains leur témoignant allégeance (relations sociales au sein de la communauté et avec les autres groupes communautaires ; hiérarchies sociales et économiques)  ;
  • aller au-delà de la prise en compte des seules tensions intercommunautaires dans les dispositifs d’alerte précoce et porter attention aux tensions intra-communautaires qui portent en germe des recompositions, par exemple chez les Peuls entre les catégories sociales hiérarchisées des pasteurs appartenant à la noblesse Rimbe, en voie de déclassement, et les anciens captifs Rimaïbe qui ont bénéficié d’une promotion économique et sociale notamment sous l’effet des politiques de développement axées sur l’agriculture.
  • repenser le rôle que doivent jouer les collectivités locales dans le cadre du processus de décentralisation, ainsi que le suggère la cartographie consacrée aux chefs de villages et de quartiers et aux chefferies traditionnelles en RCA, dont le Forum de Bangui a recommandé la revitalisation ;
  • Prendre en compte les normes de nature orales et coutumières dans les processus de réconciliation, à l’instar de la Charte du Kurukan Fuga, en veillant à exclure toute idéalisation d’une telle référence qui peut contribuer à valider des traditions sociales particulièrement inégalitaires et figées, et qui, si elle est perçue comme légitime par certaines communautés (mandingue et sénoufo), est en revanche dénuée de toute portée chez les populations touarègues, arabes et peules ;
  • Evaluer la compatibilité de ces discours, ces pratiques et ces standards avec le respect de la dignité humaine.